Au terme de mes études de ciné­ma, j’ai eu la chance de pou­voir expé­ri­men­ter la réa­li­sa­tion à ma petite échelle.

Dans cet article, je t’explique quels ont été les outils et le pro­ces­sus pour mon­ter mon pro­jet de pre­mier court-métrage.

Mise en place

Dans un pre­mier temps, lorsque je me lance dans un nou­veau pro­jet de court-métrage, j’ouvre un fichier word et je note toutes les idées qui me passent par la tête (concrètes ou non). Cela peut être des idées de mise en scène, de décors, de carac­té­ri­sa­tion de per­son­nages ou autre.

Ci-des­sous, un exemple :

Idées pour court-métrage

En paral­lèle, je cherche des réfé­rences visuelles sur Pin­te­rest qui pour­raient m’inspirer une his­toire ou une ambiance par­ti­cu­lière. Une fois que mes idées sont plus défi­nies et que j’ai mes images en tête, je pioche des ins­pi­ra­tions dans d’autres œuvres artis­tiques (ciné­ma ou autre). En géné­ral tout cela va de pair avec le reste des réfé­rences et arrive tout seul.

Une fois que j’ai sélec­tion­né toutes mes réfé­rences et que j’ai défi­ni une vraie ligne édi­to­riale visuelle pour mon pro­jet de court-métrage, je mets en place ce qu’on appelle un mood­board.

Le moodboard

Dans un pro­jet audio­vi­suel, le mood­board per­met de don­ner une inten­tion visuelle géné­rale de réfé­rence. Il est com­po­sé d’images de réfé­rences qui per­mettent de don­ner un ton, une ambiance dont on veut impré­gner le court-métrage.

Exemple de moodboard

Ci-contre, un exemple de mood­board pour un pro­jet de pho­to­mon­tage enta­mé lors de mes études de cinéma.

Le pro­jet devait mettre en scène un homme invi­sible reclus écri­vant une lettre de der­nières volontés.

On voit que le mood­board trans­met ici avant tout une esthétique.

C’est un outil de réfé­rence indis­pen­sable dans la construc­tion d’un pro­jet audiovisuel.

Après avoir regrou­pé toutes ces réfé­rences visuelles (pho­tos, vidéos, pein­tures…) grâce au mood­board, tu peux dès main­te­nant t’attaquer à l’écriture de ton histoire !

Pitch, synopsis et séquencier

Avant de pou­voir ren­trer dans le dur avec le scé­na­rio de ton court-métrage, tu dois encore pas­ser par trois étapes :

  • Rédi­ger en quelques mots un pitch qui pré­sente le sujet de ton his­toire. En gros, de quoi ça parle.
  • A par­tir de ton pitch, rédige un synop­sis qui décrit ton his­toire dans les grandes lignes. Pose ain­si les moments clés : le début, les péri­pé­ties, la fin. Le synop­sis doit tenir en quelques lignes et pré­sente ain­si ton his­toire de manière accessible.
  • Tu auras besoin d’établir ce qu’on appelle un séquen­cier pour décou­per les évé­ne­ments du dérou­le­ment de ton his­toire selon l’espace et le temps. Ce séquen­cier te sera utile plus tard pour struc­tu­rer ton scénario.

Exemple :

Séquence 1 : EXT-JARDIN-JOUR

Séquence 2 : INT- MAISON – NUIT

Séquence 3 : INT- MAISON-JOUR

Scénario

Pour écrire l’histoire de ton court-métrage, tu auras abso­lu­ment besoin de ce qu’on appelle un scé­na­rio (ou conti­nui­té dia­lo­guée). Le scé­na­rio contien­dra toutes les actions et les dia­logues de tes per­son­nages dans l’espace et le temps de ton histoire.

Pour ce faire, il y a quelques règles à respecter :

  • On écrit uni­que­ment ce que l’on voit
  • On écrit tou­jours au présent
  • On écrit des infor­ma­tions « fil­mables », qui doivent être ren­dues visibles à l’écran
  • Il est tou­jours pré­fé­rable d’expliquer les choses par l’image ou par des actions de per­son­nages plu­tôt qu’avec des dia­logues super­flus pour expli­ci­ter la situation
  • Pas de lan­gage tech­nique (zoom sur…gros plan sur…), c’est le tra­vail du réa­li­sa­teur avec le décou­page technique.

Com­ment se com­pose un scé­na­rio  :

Le scé­na­rio est décou­pé par séquences qui sont elles-mêmes com­po­sées de dif­fé­rents plans (à défi­nir plus tard avec le décou­page technique).

Dans le scé­na­rio, une séquence est une uni­té dra­ma­tique consti­tuée par :

1/​L’endroit où se trouve la camé­ra – INTérieur/​EXTérieur

2/​Par le lieu de l’action – LE DECOR

3/​Par le moment de la jour­née ou de la nuit – JOUR/​NUIT (= l’effet)

Il est sou­vent sui­vi d’une des­crip­tion du lieu et des actions des dif­fé­rents per­son­nages puis s’ouvre sur un dialogue.

Les noms des per­son­nages doivent appa­raitre en MAJUSCULES lorsqu’ils sont employés pour la pre­mière fois dans la des­crip­tion. Avant chaque dia­logue, ils res­tent en majus­cules et sont cen­trés, comme pour l’exemple ci-dessous.

Exemple :

Exemple de scénario
Com­ment j'ai réa­li­sé mon pre­mier court-métrage 6

Note  : une page de scé­na­rio cor­res­pond envi­ron à une minute de film !

Le storyboard

Une fois le scé­na­rio ter­mi­né et que tu dis­poses de toutes les réfé­rences visuelles dont tu as besoin, il faut t’attaquer aux fon­de­ments de ta réa­li­sa­tion avec le décou­page tech­nique ! Pour t’aider, il existe un outil visuel bien pra­tique : le sto­ry­board.

Le sto­ry­board se pré­sente comme un ensemble de cases de BD. Chaque case repré­sen­te­ra un plan de ton court-métrage pour t’aider à repré­sen­ter les dif­fé­rents acteurs (per­son­nages, objets, décors…) dans l’angle de ta caméra.

Pour ce faire, pas besoin d’être très bon en des­sin ! Des bon­hommes bâtons peuvent lar­ge­ment suffire.

Une case cor­res­pond donc à un plan, avec un des­sin et une brève des­crip­tion de ton plan comme ceci :

Exemple de storyboard

A tra­vers une repré­sen­ta­tion visuelle, le sto­ry­board peut donc t’aider pour la concep­tion de ton décou­page technique.

Atten­tion : le sto­ry­board doit te ser­vir comme un appui, le décou­page tech­nique reste indis­pen­sable pour la réa­li­sa­tion d’un court-métrage !

Et le tournage ?

Bien évi­dem­ment, tous les outils pré­sen­tés dans cet article ne sont qu’une liste non exhaus­tive de toutes les res­sources néces­saires à la créa­tion d’un pro­jet audio­vi­suel. Ils se concentrent avant tout sur les bases concer­nant l’écriture et la réa­li­sa­tion d’un court-métrage.

Ici, donc, vous n’aurez pas plus de détails de pro­duc­tion, post-pro­duc­tion, assis­ta­nat réa­li­sa­tion ou sur l’image.

Pas d’informations sup­plé­men­taires sur la mise en place des repé­rages, des cas­tings etc…

Mal­gré tout, j’estime qu’en par­tant de la base de ces infor­ma­tions, il est déjà pos­sible de réus­sir à créer quelque chose. Quelque chose qui pour­rait res­sem­bler à du cinéma.

Et j’encourage toutes les per­sonnes dési­reuses de se lan­cer dans ce genre d’aventure à réa­li­ser les images qu’elles ont en tête.

Pen­dant des années j’ai vou­lu réa­li­ser du court-métrage ou au moins quelque chose qui y res­sem­ble­rait et c’est à l’aide de ces quelques outils que j’ai pu y parvenir !

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Je vous dis à très vite pour de nou­veaux articles.

M. Crea­te­rium


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