Lorsqu’on parle de « ciné­ma de genre » ici, on fait réfé­rence à :

Les différents genres de films
  • La fan­ta­sy
  • L’hor­reur/l’épouvante
  • Le mys­tère (par­fois le thril­ler à la fron­tière du surnaturel )
  • La SF

Les pionniers (1895-1925)

Par­mi les pion­niers du ciné­ma de genre, on peut notam­ment citer Georges Méliès en France. Éga­le­ment recon­nu comme le pre­mier cinéaste à avoir eu recours au mon­tage et aux effets spé­ciaux. Il ins­pi­re­ra d’ailleurs de par ses tru­cages de magi­cien ce qu’on peut défi­nir comme le pre­mier « cut » de l’histoire du ciné­ma avec le film l’exé­cu­tion de Mary, reine des écos­sais (William Heise) en 1895.

Un an plus tard, en 1896, le manoir du diable réa­li­sé par Méliès est consi­dé­ré comme le tout pre­mier film d’horreur de l’histoire.

Méliès est éga­le­ment pion­nier dans l’introduction de la Science-Fic­tion au ciné­ma avec son métrage le voyage dans la lune en 1902.

Film "le voyage dans la lune" de Georges Méliès

Quelques autres cinéastes pren­dront la suite de ses idées dans les années 1900/​1910, notam­ment avec les œuvres suivantes :

images
Sta­cia Napier­kows­ka (actrice)
  • La mai­son ensor­ce­lée – Segun­do de Chomón (1906)
  • Fran­ken­stein – J. Searle Down­ley (1910)
  • Les vam­pires – Louis Feuillade (1915) une série de films en 10 épisodes

On vend la série de films de Louis Feuillade spé­ci­fi­que­ment grâce à l’actrice prin­ci­pale Sta­cia Napier­kows­ka qui ins­pire la peur, même au naturel.

Dans les années 1920, un mou­ve­ment va arri­ver au devant de la scène. Abor­dant le ciné­ma de genre sous un tout nou­vel angle. Don­nant une dimen­sion inédite à l’horreur dans le pay­sage audiovisuel.

Images des films Nosferatu / Metropolis / Le cabinet du Docteur Caligari

Ce mou­ve­ment, c’est l’expressionnisme alle­mand qui s’imposera avec des noms comme Fritz Lang, Robert Wiene ou Frie­drich Wil­helm Mur­nau et tout autant de films iconiques :

  • Nos­fe­ra­tu (1922)
  • Le cabi­net du Doc­teur Cali­ga­ri (1920)
  • Metro­po­lis (1927)

Ce mou­ve­ment tient ses racines de la pein­ture expres­sion­niste qui ins­pi­re­ra par ailleurs les décors et l’ambiance de ces films. Ins­tau­rant à chaque fois une atmo­sphère inquié­tante et irréa­liste, se rap­pro­chant du rêve, le plus sou­vent du cau­che­mar. Les cinéastes joue­ront éga­le­ment beau­coup sur les ombres et les lumières avec des notions de clair-obs­cur. De grandes ombres inquié­tantes, des lumières crues, par­fois des objets qui scin­tillent. Les per­son­nages seront tou­jours très maquillés, dans des grands habits sombres appuyant davan­tage sur le cli­mat d’angoisse qui règne.

Photo du film Nosferatu

Voi­ci la recette de l’expressionnisme alle­mand qui s’imposera tout au long d’une décen­nie et qui ins­pi­re­ra aus­si de nom­breux cinéastes contem­po­rains comme par exemple Tim Bur­ton (Edward aux mains d’argent, Beet­le­juice… )

Le règne des monstres (1925-1945)

La Uni­ver­sal pic­tures est créée à Hol­ly­wood durant cette période.

Une série de films d’horreur cultes voit alors le jour : « les clas­sic mons­ters »

Photo des classics monsters.

Le monstre sera uti­li­sé ici comme outil prin­ci­pal de l’épouvante mais aus­si comme nou­vel acteur du ciné­ma d’horreur. Vam­pires, loups-garou, homme invi­sible ou morts-vivants, c’est avec la série de films sui­vants que le public décou­vri­ra les nou­velles têtes d’affiche de ce cou­rant entre les années 20 et les années 40.

Affiches de films de classics monsters.
  • Le fan­tôme de l’opéra – Lon Cha­ney, Rupert Julian, Edward Sedg­wick, Ernst Laemmle (1925)
  • Fran­ken­stein – James Whale (1931)
    Ce film amorce le suc­cès des « Clas­sic Mons­ters »
  • Freaks (La mons­tru­seuse parade)- Tod Brow­ning (1932)
  • La chasse du comte Zaroff – Irving Pichel et Ernest B. Scoed­sack (1932)
    On consi­dère que ce film va créer le sous-genre « sur­vi­val ».
  • L’homme invi­sible – James Whale (1933)
  • King kong – Irving Pichel et Ernest B. Scoed­sack (1933)
  • Le monstre de Londres – Stuart Wal­ker (1935)
  • La féline – Jacques Tour­neur (1942)

La peur de l’atome (1945-1960)

Après plu­sieurs décen­nies de ciné­ma d’épouvante aux pen­chants fan­tas­tique, la période post-seconde guerre mon­diale lais­se­ra place à des films d’un nou­veau genre : celui de la science-fic­tion (SF) .

Avant cela, le film de genre était majo­ri­tai­re­ment cen­tré sur l’imaginaire.

Mais à cette époque de guerre froide, une peur latente du nucléaire était soli­de­ment ancrée dans l’inconscient collectif.

Jack Arnold (réalisateur)

Ce sera le réa­li­sa­teur Jack Arnold, employé de l’Uni­ver­sal qui se char­ge­ra de faire la tran­si­tion entre ces deux époques.

C’est ain­si que les pre­miers films de série B vont faire leur appa­ri­tion, comme avec :

  • L’étrange créa­ture du lac noir – Jack Arnold (1954)
    • L’un des pre­miers films à pas­ser en tech­no­lo­gie 3D.
  • Taran­tu­la – Jack Arnold (1955)
  • L’homme qui rétré­cit – Jack Arnold (1957) 
    • consi­dé­ré comme son meilleur film.
la quatrieme dimension
  • La qua­trième dimen­sion Rod Ser­ling (1959-1964) 
    • Recon­nue comme la pre­mière série d’anthologie de SF
  • Le jour où la Terre s’arrêta – Robert Wise (1951)
  • L’invasion des pro­fa­na­teurs de sépul­tures – Don Sie­gel (1956)

Va intro­duire le sous-genre de « films de para­noïa. »

Dans les années 1950, la menace extra­ter­restre est recon­nue comme une méta­phore du com­mu­nisme.

Le gothique (1960’s)

Psycho FeaturedImage

C’est l’arri­vée de la cou­leur.

Les cinéastes amé­ri­cains ne savent pas trop quoi en faire.

C’est en Europe que cette nou­velle inven­tion va tou­cher le cinéma.

Pen­dant cette nou­velle ère, plu­sieurs œuvres ciné­ma­to­gra­phiques en noir et blanc des années 30 vont revoir le jour sous forme de remakes en couleurs.

Terence Fisher (réalisateur)

Comme réa­li­sa­teur majeur des années 60 pour le cou­rant du ciné­ma de genre, on peut comp­ter Terence Fisher qui est à l’origine de nom­breux films de série B comme ceux-ci :

  • Fran­ken­stein s’est échap­pé (1957)
  • Le cau­che­mar de Dra­cu­la (1957)
  • La malé­dic­tion des pha­raons (1959)
  • La nuit du loup-garou (1961)

Comme autre film majeur de ce cou­rant, on peut aus­si comp­ter the haun­ting de Robert Wise (1963) qui aura droit à son remake en série en 2018 avec la série the haun­ting of Hill house de Mike Fla­na­gan.

Mario Bava (réalisateur)

En Europe, du côté ita­lien, c’est le réa­li­sa­teur Mario Bava qui va se démar­quer avec ses nom­breux films d’épouvante. Il pose­ra notam­ment les bases du sous-genre « sla­sher » avec la baie san­glante en 1971.

  • Le masque du démon (1960)
  • Les trois visages de la peur (1963)
  • La pla­nète des vam­pires (1965)
    • Va ser­vir d’inspiration pour Alien.

Affiche du film Les Yeux sans Visage (1960)

En France, nous ne sommes pas non plus en reste côté hor­reur avec le réa­li­sa­teur Georges Fran­ju qui est à l’origine de Les yeux sans visage (1960) et Judex (1963).

Fun fact : le film Au revoir là haut d’Albert Dupon­tel (2017) consti­tue comme une sorte d’hommage à Judex.

Les 60’s signent éga­le­ment les pre­mières adap­ta­tions de romans d’Edgar Allan Poe au ciné­ma, ini­tié par le réa­li­sa­teur Roger Cort­man et l’acteur Vincent Price (la chambre des tor­tures – 1961, le cor­beau – 1963).

Affiche du film Blood Feast (1963)

Pour finir, c’est le réa­li­sa­teur Her­schell Gor­don Lewis qui sera à l’origine d’un nou­veau sous-genre du ciné­ma d’horreur, qui pren­dra de plus en plus d’importance dans le pay­sage hor­ri­fique avec les décen­nies à venir : « le gore ».

On peut notam­ment citer Blood feast (1963) comme pré­cur­seur dans cette catégorie.

Si vous vou­lez en connaître davan­tage sur les ori­gines du ciné­ma de genre et plus par­ti­cu­liè­re­ment sur le ciné­ma d’horreur et d’épouvante, je vous invite à lire la par­tie 2 de mon article sur le sujet !

Je vous dis à très vite pour de nou­veaux articles !

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