Si tu souhaites en connaître davantage sur les origines et l’histoire du cinéma de genre, reporte-toi à mes articles précédents sur le sujet :
Retour aux sources : le cinéma d’horreur asiatique

Début des années 2000, les projecteurs sont braqués sur l’Asie.
Au Japon, ce qu’on va appeler la J-Horror va signer comme un retour aux sources avec un rapport à l’horreur « simple ». Tout cela va engranger un succès énorme, délaissant l’hémoglobine à foison pour mieux se concentrer sur des ambiances lourdes et angoissantes. Souvent mettant en relief des histoires de fantômes malveillants et de malédictions.
Certains d’entre eux, comme Kaïro (Kiyoshi Kurosawa) auront un aspect plus creusé et profond sur la psychologie.
Voici quelques exemples les plus populaires dans cette catégorie :
En Corée du sud, le cinéma d’horreur va également se retrouver influencé par cette nouvelle vague. On parle ici de K-Horror.

Parmi eux, on peut notamment compter la saga Whispering corridors qui traitera différents aspects de la scolarité en Corée du sud sous couvert de films de fantômes.
La série est connue pour avoir contribué à l’explosion du mouvement cinématographique de la Nouvelle vague coréenne et pour avoir abordé des sujets tabous tels que l’autoritarisme du système éducatif sud-coréen, les relations homosexuelles et le suicide des adolescents, essentiellement à la suite de la libéralisation de la censure.
Parmi eux, Memento mori, deuxième volet de la saga, mettra en scène une histoire d’amour entre deux femmes qui fera scandale à sa sortie en Corée. C’est d’ailleurs le seul film de la série à être sorti dans les salles obscures françaises.


On peut également citer le film Deux Sœurs de Kim Jee-Woon (2003), mêlant drame psychologique familial et ambiance angoissante fantasmagorique (pour ne pas changer). Le récit prend ici l’aspect d’un conte horrifique, relevant parfois du thriller. L’accent est mis une fois de plus sur l’ambiance angoissante, qui tient en haleine et laisse des mystères en suspens.
2 sœurs obtiendra de nombreux prix lors de différents festivals du film fantastique. Notamment 3 récompenses en 2004 au Festival du film fantastique de Gérardmer, dont le Grand Prix, remis des mains du réalisateur Paul Verhoeven.
Côté hispanophone
Les hispaniques ne sont pas en reste non plus de leur côté.

Parmi les films de fantômes, je pense notamment à Les autres de Alejandro Amenabar en 2001.
Le film tient en haleine de par son scénario bien ficelé jusqu’au plot twist final pour le moins inattendu.
Il remportera par ailleurs de nombreuses récompenses dont, entre autre, le Goya du meilleur film, du meilleur réalisateur, du meilleur montage et du meilleur scénario original en 2002.
Nicole Kindman, l’actrice principale du film recevra également plusieurs distinctions pour son interprétation.

Fragile de Jaume Balaguero (2005) met en scène un fantôme qui terrorise les résidents d’un vieil hôpital pour enfants. Prenant l’aspect d’un film de mauvais esprits angoissant en jouant sur la paranoïa d’une infirmière tourmentée, le film saura plus tard trouver une part plus sentimentale, virant dans le mélo fantastique. Le film obtiendra le prix du public au festival fantastique de Gérardmer en 2006.

C’est aussi dans les années 2000 que le réalisateur mexicain Guillermo del Toro arrive au devant de la scène. Son cinéma mettra en scène un bestiaire de moult créatures inquiétantes dont il se servira parfois pour mettre en relief les heures sombres espagnoles (Le labyrinthe de Pan, L’échine du diable… ). Son cinéma sera souvent emprunt d’une dimension poétique, se rapprochant du conte. Mais c’est aussi lui qui sera derrière la première saga de films Hellboy tiré des comics du même nom. On y suit une sorte de figure d’anti-héros né des flammes de l’Enfer. L’histoire jongle entre paranormal, FBI à la sauce occulte et créatures démoniaques.
C’est à l’aube du 21ème siècle que l’on voit également un nouveau sous-genre émerger dans le cinéma horrifique : le found footage. Ce nouveau genre se démocratisera suite à l’immense succès du film Projet Blair witch de Daniel Myrick et Eduardo Sanchez en 1999.
En Espagne en découlera le film de zombies REC de Jaume Balaguero et Paco Plaza en 2007.

On y suivra une jeune journaliste et son caméraman accompagner une équipe de pompiers en pleine intervention dans un immeuble. Toute l’action sera filmée à travers l’objectif de la caméra du collègue de la journaliste, ni plus ni moins.
L’ambiance, instaurée en huis clos rendra le climat du film d’autant plus angoissant que les personnages qui découvrent au fur et à mesure l’horreur de la situation à laquelle ils sont confrontés.
Aux Etats-unis
Aux Etats-unis, les films de fantômes sont également ce qui se fait de mieux avec :




Des films très glauques et violents vont arriver sous une nouvelle étiquette : « le torture porn ». On peut notamment citer la saga Saw (2004- en cours) ou Hostel (2005-2011).


Une nouvelle tendance qui va faire du bien au cinéma fantastique, c’est de faire l’éloge des vieux films d’horreur.Une vague de nouveaux remakes de films des années 70 va alors émerger comme par exemple :



Le remake de Suspiria du réalisateur italien Luca Guadagnino va mélanger cinéma d’auteur et cinéma fantastique.
Petit à petit, les films fantastiques vont se faire une place de plus en plus importante au sein de l’univers du cinéma.
Certains films vont même être reconnus lors de grands festivals comme à Cannes (Le labyrinthe de Pan, Titane, Crash, Le règne animal… )
Guillermo del Toro remportera l’oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur pour la forme de l’eau en 2018.
John Carpenter remporte le carosse d’or à Cannes en 2019 qui récompense l’ensemble de son oeuvre.
Les nouvelles têtes d’affiche du cinéma d’horreur
Pour parler de cinéma plus actuel, c’est au cours des années 2010 que le paysage horrifique connait l’émergence de tout un tas de nouvelles têtes d’affiches du cinéma de genre horrifique et fantastique.
Parmi eux, on peut compter :
- Ari Aster (Hérédité, Midsommar… )
- Jordan Peele (Get out, Us… )
- David Robert Mitchell (Under the silver lake, It follows… )
- Robert Eggers (The Witch, The Lighthouse… )

Et en France alors ?

Côté français, nous n’avons pas dit notre dernier mot.
Si certains réalisateurs s’expatrient aux états-unis souvent pour des questions budgétaires (Pascal Laugier – Ghostland/ Alexandre Aja – La colline a des yeux/Christophe Gans – Silent hill… ).
D’autres, bien ancrés dans l’hexagone continuent de poser les bases de l’horreur moderne à la sauce cocorico :

Julia Ducournau (Grave, Titane… )
Just Philippot (La nuée, Acide… )
Lucile Hadzihalilovic (Evolution, Earwig… )
Samuel Bodin (La série Marianne… )
Sébastien Vaniček (Vermines… )
Julien Maury et Alexandre Bustillo (A l’intérieur, Le mangeur d’âmes… )
Les frères Boukherma (Teddy… )
Mathieu Turi (Méandre, Gueules noires… )
Conclusion
C’est la fin de cette découverte en quatre parties du cinéma de genre horrifique ! Bien évidemment, les listes de films présentées ici sont non exhaustives. Il n’appartient donc qu’à toi de faire des recherches supplémentaires si tu souhaites en découvrir davantage sur le sujet !
J’espère néanmoins que ces articles t’auront donné envie de découvrir ou redécouvrir plus en profondeur le cinéma horrifique !
Si c’est le cas, n’hésite pas à commenter et à partager l’article autour de toi !
En attendant, je te dis à très vite pour de nouveaux articles !
M.Createrium
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